Notre premier regard à 4 jours de vie.

Une femme qui allaite son bébé dans un bain
Crédit photo : Noyale Leboube photographies. Photo non libre de droit.
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J’écris aujourd’hui pour tisser mon histoire, notre histoire, parce qu’elle fait partie de moi et que les apprentissages de mon tissage teintent ma pratique de doula au quotidien.

C’était il y a 1 an.

Il y a un an, le 26 juillet 2022, un mardi. Il faisait beau temps et très chaud cet été là. Je venais d’être transportée en ambulance pour te rejoindre dans un autre hôpital, une autre ville.
Nos regards se sont rencontrés pour la première fois, tu avais 4 jours de vie.

Naissance - Maman et bébé
Crédit photo : Bérénice Olive. Photo non libre de droit.

1 an après, les larmes coulent et ne s’arrêtent plus.

Je sentais la vague venir ces dernières semaines. Ce lâcher prise arrivait, mais ce n’était pas le moment, je ne sais pas comment l’expliquer mais c’est ainsi.
Et puis nous voilà 1 an s’est écoulé depuis notre premier échange de regards, depuis la première fois où je t’ai prise dans mes bras et embrassée, ma toute petite, mon bébé, mon amour, ma fille.

Tu m’as manquée. Tellement manquée.

4 jours interminables où la nuit et le jour se mélangeaient, où seul l’essentiel compte : Vivre.

Tout simplement vivre. Se relever. Où es-tu mon bébé ?

Je te sens dans mon cœur, je pense à toi à chaque instant. J’imagine ton frère, je ne sais pas ce qu’il ressent au fond de lui mais il est bien entouré. Il me manque, j’ai besoin de sentir son odeur, de le prendre dans mes bras, de rire avec lui, d’entendre sa voix. Je pense à ton papa à chaque instant. Il m’aide tellement. Nous sommes en permanence en contact. Il est auprès de toi dès qu’il n’est pas avec moi, ses jours et ses nuits sont mélangés, à lui aussi. Il va dormir quelques heures auprès de ton frère.

Nous n’avons plus de repères, nous avançons ensemble, heure après heure.

La résilience, c'est l'art de naviguer dans les torrents.

4 jours interminables de manque de repères, de manque de mon bébé, de ma famille.

4 jours de violences médicales, ponctués de moments encourageants et de tendres mots bienveillants.

L’équipe médicale s’est emparée de ta naissance en l’induisant sans qu’il y ait d’urgence, de détresse maternelle ou fœtale. Tous les signaux médicaux étaient verts pourtant.

Soudain tout bascule par le biais d’une décision, d’une action, motivée par l’effectif de garde et le protocole à suivre. Nous avons été menacés. Je n’ai pas été entendue. Ils ne nous ont pas laissées le temps de naître.

Nous avons failli perdre la vie toutes les deux. Un miracle d’être en vie.

Ce mardi 26 juillet 2022, je suis enfin capable de te rejoindre.

Je t’ai sentie, respirée, plongé mon nez dans tes plis de peau, senti ton odeur, observé toutes les parties de ton corps, millimètre après millimètre, des heures entières à te regarder, à te sentir, à te tenir la main, à t’envelopper de mon corps, mon cœur explose, enfin ma toute petite, mon bébé, enfin, je suis avec toi.

Crédit photo : Noyale Leboube photographies. Photo non libre de droit.

Je me bats pour ma maternité.

Telle une animale protégeant son petit, je reprends les rênes, je me bats pour ma maternité, pour ma santé psychique, pour ton allaitement, quoi qu’il m’en coûte. Qu’il en soit ainsi, ça ne peut pas être autrement. Il n’y a pas d’autre option. Imagine à quoi cela ressemble une femme enragée de l’intérieur, déterminée à protéger son enfant, prête à tout pour allier les protocoles médicaux avec nos choix parentaux.

Le peau à peau, les regards échangés, longs, profonds, on sait ce qu’on a vécu, on va rattraper le temps perdu.

Tu n’as plus le réflexe de succion après 4 jours de soins sans être alimentée par voie orale. On va réparer cela, tu sais faire, mon corps aussi, ce n’est pas si loin, on va s’apprivoiser et y arriver. Ensemble, la ténacité est décuplée. Ensemble, la résilience est plus forte.

Parce que la vie peut s’arrêter à tout moment, profitons-en comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Je t’aime mon amour, petite coquillette d’un an tout rond, tu as la vie devant toi !

Maman

Une maman allaite son enfant dans le bain. Moment de partage
Crédit photo : Noyale Leboube photographies. Photo non libre de droit.

Texte authentique écrit le 26 juillet 2023, écriture spontanée, les yeux embués de larmes …

Texte et photos non libres de droit.

Si tu souhaites faire voyager ce récit, m’écrire un message ou laisser un commentaire tout doux ici ou sur mes réseaux, c’est avec plaisir que je te lirai.

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Bérénice Olive

Bérénice Olive

Hello. Je suis Bérénice, créatrice de Malitha. Je suis doula des femmes et des familles. Un soutien indéfectible pour naviguer les changements de ta vie avec sérénité, de la naissance à la mort, de la puberté à la ménopause. Une toile que je tisse tout autour et avec toi, parce qu'on devrait toutes avoir un village autour de soi. C'est un honneur de te recevoir dans mon univers. Il y a de la lecture, prends une tasse de rooibos et navigue à ta guise !

Cet article a 3 commentaires

  1. Élise

    Je me rappellerai toujours du jour ou tu as annoncé la naissance de ta Petite Douceur. Quelle force vous avez eu tous les 4.

    Pleins de douces pensées ✨

  2. Hélène ☀️

    Comme cette naissance a fait écho en moi. Je n’étais alors pas la maman, mais le bébé…., 47 ans auparavant.
    Nous avons été heureux d’apprendre la naissance en cette fin de juillet, inquiets et nos pensées étaient avec vous tous..
    Affections et douceurs à la famille 😉

  3. Anonyme

    Merci pour ce texte splendide ! Quelle histoire, quel tissage✨

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